"Les paraboles" stylo et feutre,150x125cm,2010

Exit Tempera ou
la présence des lances

Tout se passe comme si, dans les dessins de Marianne Plo, la scène à ciel ouvert débattait d’un avant et d’un après. À quoi tient cette spontanéité ? Et comment s'en séparer ? Les indices dessinés se mesurent les uns aux autres, ils déversent leur couleur, leur motif et se prêtent au jeu du truchement. Si il y a une figure principale, elle se dérobe sous celle qui l’avoisine, plus petite et criarde, elle-même éclipsée par le feuillage d’un arbre ou l'agressivité de stries. Les scénarios que l’on se fabrique, se télescopent sous de nouvelles distributions ; ce sont des comédies à bascule dont les seconds rôles décoratifs prennent le devant de la scène. Le dessin est un atterrissage : à ce stade-là, l’hypothèse d’une histoire est confirmée par son propre fracas. Pour équilibrer les masses, il faut un colosse (il est la forêt, la roche, l’incendie, le combat) ; pour que le détail advienne et pulvérise l'omniprésence.
Les patineurs de "We don’t need another hero", gainés de couleurs et abrités par la vitesse, désertent un paysage contendant qui s’érige à l’arrière plan. Dans "Lost in neverland", le tourisme des réjouissances sommeille dans les herbes. Sur le parking de "L'’Hôtel Idéal", qui n’a pour épaisseur que sa façade, la biche reprend dans sa gueule le rouge d’une voiture flamboyante, abandonnée. Point de déflagration dans cette image si ce n’est un doublon de couleur irréversible : nécessaire.
Cécile Noguès


"Lost in neverland" stylo et feutre, 152x130cm, 2010


"Bob" acrylique, 150x117cm, 2012


Exit Tempura or the Presence of Spears

In Marianne Plo’s drawings, everything unfolds as if an open-air stage was debating a before and after. Where does this spontaneity come from? And how can we move away from it? The clues in the drawings are measured by association, they pour out their colour, their patterns, and lend themselves to the game of interchange. If there is a predominant figure, it is hidden under its neighbour, the smaller and more garish of the two, which is also eclipsed by the foliage of a tree or by aggressive streaks.
The scenarios that we imagine intermingle to form new identities; they are shifting dramas with decorative minor parts that steal the limelight. The drawing is a return to reality; at this stage, the hypothesis of a story is confirmed by its own hubbub. To counterbalance the masses, there has to be something gigantic (the forest, the rocks, fire, struggle) so that detail can emerge and destroy omnipresence.

The ice skaters in We Don’t Need Another Hero, bursting with colour and protected by their speed, leave behind a dismal landscape that looms in the background. In Lost in Neverland, the tourism of festivities slumbers in the grasses. In the parking lot of The Ideal Hotel, which has no more depth than its façade, a deer takes the red of a flamboyant and abandoned car in its mouth. This moment of conflict in the image (apart from the repetition of irreversible colour) is vital.
Cécile Noguès



"Les roches kyanées" stylo et aquarelle, 150x125cm, 2010


"Happy hour" aquarelle, 150x125 cm, 2013


“Sol carlus” stylo et feutre, 150x117cm, 2010


"We don’t need another hero” stylo et feutre, 150x125cm, 2010

FANTASMAGORIA
Fiac, juin 2010

A Fiac, Marianne expose 5 dessins format grand aigle aliénés à 5 sculptures au sol. Ces dessins sont des représentations libres de catastrophes naturelles ponctués de personnages et de signes issus de la mythologie mais aussi de la pop culture – le séisme – l’avancé du désert – l’éruption volcanique. La fête foraine où la nature reprend ses droits peut être une vision post apocalyptique du parc de Bambi – Welcome in neverland –
Dans son dessin « We don’t need another hero » on peut voir les signes précurseurs du cataclysme, la chauve souris est un messager de mauvaise augure. Ce Batman, héros à double personnalité dont la schizophrénie est lié à la folie de Gotham (la cité) plane au dessus de nos têtes. Que la folie des hommes…. Chaque dessin dialogue avec sa forme. Les formes rochers sont comme des extractions du tableau, parfois évocation ou détail, ils sont le complément d’enquête de leur dessin, de leur modèle. Autant de pistes que le spectateur-détective doit utiliser pour appréhender l’installation globale.
Ici, à Fiac, outre la décontextualisation de l’espace galerie vers un espace « naturel », l’ironie du jeu réside dans le plaisir de vagabonder dans cette galerie en plein air qui est finalement une fosse à purin – la fosse aux lions ? –
La fresque « maso maso » est un travail purement in situ, une déformation fantomatique du classique test de Rorschach. Sa forme symétrique sans l’être nous renvoie encore à l’idée du double, double visage, double face ( rien n’est visible sous un axe unique ). Formellement il synthétise les motifs-rochers décolorés. Tentative d’épurer - La tentation du purin -
Violaine Sallenave

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